PSG Hand : 30-24… mais le score ne raconte PAS le match
Par Toshiro Mpika5 min de lecture
30-24. À la lecture du score, on pourrait imaginer une soirée relativement tranquille pour le Paris Saint-Germain Handball.
Pour son retour au Stade Pierre-de-Coubertin, samedi 12 septembre, le champion de France a dû attendre les dernières minutes pour faire plier une équipe de Cesson-Rennes qui lui a posé beaucoup plus de problèmes que les six buts d'écart finaux ne le suggèrent. Paris était même mené 20-22 à onze minutes de la fin, avant de terminer la rencontre sur un impressionnant 10-2

Un PSG capable du meilleur… puis de se compliquer la vie
Paris avait pourtant correctement lancé son match.
Mateo Maras inscrit rapidement un doublé et participe même à un kung-fu conclu après une passe d'Emil Mellegard. Après quinze minutes, les deux équipes sont encore au coude-à-coude : 7-7.
Puis Paris semble prendre le contrôle.
À la 25e minute, les Parisiens mènent 13-10. Mikkel Lovkvist réalise déjà huit arrêts et affiche 35 % de réussite dans ses cages. Tout semble progressivement rentrer dans l'ordre.
Et pourtant, cinq minutes plus tard : 13-15 pour Cesson.
La raison est assez révélatrice de la physionomie de la rencontre : plusieurs pertes de balle parisiennes consécutives permettent aux Bretons de complètement inverser la dynamique avant la pause. Stefan Madsen reconnaîtra lui-même après la rencontre que son équipe a « beaucoup donné le ballon ». Paris Saint-Germain
C'est probablement là que se trouve le principal avertissement de cette soirée.
Paris n'a pas simplement été mis en difficulté par Cesson : Paris a également alimenté lui-même les difficultés qu'il rencontrait.
Cesson a réellement fait douter Paris
La deuxième période ne règle pas immédiatement le problème.
À la 39e minute, Cesson mène toujours 17-15. Paris égalise à 17-17 après un temps mort de Madsen, mais les Bretons refusent de céder.
Et à la 49e minute, coup de froid à Coubertin :
20-22.
Il reste onze minutes.
C'est précisément à cet instant que l'on retrouve l'autre visage du PSG : celui d'une équipe qui peut traverser une mauvaise période et posséder suffisamment de talent et d'expérience pour renverser complètement une rencontre.
Bjarki Elisson inscrit deux buts. Luc Steins trouve ensuite une réalisation capitale.
23-22 à la 52e.
Trois minutes plus tard : 25-22.
Puis Cesson s'effondre.
Paris passe donc de 20-22 à 30-24 en onze minutes. Une victoire de six buts qui raconte très mal les cinquante premières minutes du match.





Prandi encore précieux, Solé en patron
Dans ce type de rencontre, les individualités comptent.
Ferran Solé termine meilleur buteur parisien avec neuf réalisations. Elohim Prandi en inscrit cinq, devant Mateo Maras (4), Bjarki Elisson et Emil Mellegard (3 chacun). Mikkel Lovkvist ajoute onze arrêts, tandis que Rodrigo Corrales en réalise trois après son entrée en jeu. Paris Saint-Germain
Prandi confirme surtout son importance dans ce début de saison. Quelques jours auparavant contre Aalborg en Ligue des champions, il avait déjà pesé des deux côtés du terrain : quatre buts sur six tirs dès la première période, trois passes et deux passages en force provoqués défensivement. L'Équipe
Paris dispose donc de plusieurs hommes capables de prendre leurs responsabilités lorsque le collectif se dérègle.
Mais il y avait aussi une absence particulièrement intéressante à observer.
Où était Wallem Peleka ?
Pour ceux qui suivent attentivement la rotation parisienne, un détail pouvait surprendre : Wallem Peleka n'apparaît pas dans la liste des huit buteurs parisiens publiée après la rencontre. Paris Saint-Germain
Ce n'est évidemment pas suffisant pour conclure qu'il n'a disputé aucune seconde — un défenseur peut parfaitement entrer sans tirer — mais son utilisation a été suffisamment discrète pour interpeller.
Et le sujet est intéressant précisément parce que Peleka n'est plus simplement un jeune joueur auquel Paris offre quelques minutes.
À seulement 23 ans, l'arrière formé au club a prolongé jusqu'en 2028 et a déjà intégré l'équipe de France. L'Équipe
Surtout, sa valeur ne se mesure pas uniquement au nombre de buts inscrits.
Peleka est capable d'apporter de la densité et de l'agressivité dans le secteur défensif, ce qui rend son utilisation particulièrement intéressante à observer dans une rencontre où Paris a justement connu des périodes de flottement.
Karl Konan, lui, était bien présent
Il faut en revanche éviter une confusion : Karl Konan a participé à la rencontre.
Et sa réaction d'après-match résume presque parfaitement ce que nous avons vu.
Le défenseur parisien reconnaît un manque de discipline et de précision dans certains secteurs, tout en mettant en avant la capacité de Paris à rester résilient et à retourner la rencontre en deuxième période. Paris Saint-Germain
C'est une déclaration intéressante venant précisément d'un spécialiste défensif.
Car derrière le spectaculaire 10-2 final, Paris sait qu'il ne pourra pas systématiquement offrir autant de ballons et autant de possibilités à ses adversaires.
Gagner quand on joue mal : qualité de champion ou signal d'alarme ?
Probablement un peu des deux.
Depuis le début de saison, Paris a déjà remporté le Trophée des Champions contre Montpellier 21-20, gagné à Chambéry 32-29, puis arraché un 33-33 à Aalborg pour son entrée en Ligue des champions. Face à Cesson, les hommes de Stefan Madsen ont encore trouvé une solution. Paris Saint-Germain
Quatre rencontres, aucune défaite.
C'est évidemment positif.
Mais l'invincibilité ne doit pas masquer les séquences de jeu.
Face à Cesson, le PSG a montré une capacité remarquable à survivre à son propre mauvais passage, puis à augmenter brutalement son niveau lorsque le match l'exigeait.
C'est une force immense.
Ce serait en revanche dangereux d'en faire une habitude.
Car dès mercredi 16 septembre, Zagreb arrive à Coubertin pour la deuxième journée de Ligue des champions. Et face aux meilleures équipes européennes, offrir autant de possessions ne se termine pas nécessairement par un 10-2 salvateur dans les onze dernières minutes. Paris Saint-Germain
Paris a gagné. Cesson a perdu. Mais pendant près de cinquante minutes, la frontière entre les deux était beaucoup moins évidente que le 30-24 final ne le laissera dans les archives.
Commentaires (0)
Rejoignez la discussion avec votre pseudonyme de membre.
Chargement des réactions...
